UN QUARTIER PLEIN DE VIE
Le quartier des marins pêcheurs, dont l'aspect a peu changé depuis sa fondation au 16ème siècle, est appelé le " Courtgain " parce que les pêcheurs gagnent le plus souvent juste de quoi survivre. Leur maisonnettes sans confort sont bâties à flanc de colline, le long d'étroites ruelles. L'unique pièce du rez-de-chaussée servait de lieu de vie, les deux chambrettes à l'étage à loger les enfants, souvent nombreux. On répandait du sable sur le sol pour nettoyer le plancher sur lequel les pêcheurs crachaient. Pas d'eau courante, ni d'électricité. Encore moins d'égout, les seaux d'urine étant évacués dans le ruisseau au milieu de la rue.
La vie se passait dans la rue où les pêcheurs réparaient leurs filets sur le pas de la porte, les enfants jouaient et les chiens de chasse couraient en liberté. Le long des ruelles circulait la " ouï ", mélange d'informations sur les lieux de pêche et les résultats des ventes une fois les barques rentrées.
LA VIE DU PÊCHEUR
La carrière d'un garçon du quartier Courtgain est déterminée à l'avance : de mousse à 13 ans - chargé d'alimenter et d'entretenir les fanaux de position, de jeter et de ramener les filets - il deviendra successivement novice, matelot et enfin patron. Etre patron, c'est avoir économisé assez d'argent pour acheter sa barque et avoir ainsi le privilège de passer, souvent seul, 12 heures par jour en mer sur son bateau du mois de septembre au mois de juin.
La vie quotidienne du pêcheur, souvent pénible et dangereuse, était rythmée par quelques moments forts : les régates entre bateaux de pêche, les prières et cantiques à la sortie des filets en début de saison, la naissance d'un enfant annoncée par le pavillon hissé au mât de devant pour un garçon, au mât d'arrière pour une fille…