Il était une fois…
Profondément restaurée entre 1962 et 1968 suite aux bombardements allemands, l'église Saint-Quentin a été bâtie en style roman vers 1200. Elle remplaçait alors un édifice plus modeste dont les fondations ont été retrouvées devant la Halle-aux-Draps. Au départ, c'est une croix latine, flanquée de quatre chapelles semi-circulaires.
De cet édifice subsistent la nef unique, le transept avec sa tour de croisée et les deux chapelles latérales. Des voûtes gothiques en pierre blanche ont été ajoutées sur l'abside, les bras du transept et les chapelles au 13ème siècle tandis qu'en 1464, un déambulatoire percé de trois chapelles a ceint le chœur grâce au mécénat de Pasquier Grenier qui y est inhumé. Fournisseur important des ducs de Bourgogne, mais aussi diplomate et mécène, il fit de Tournai un haut lieu de la tapisserie.
Les trois niveaux de la façade romane sont entourés par deux tourelles d'angle circulaires. Au-dessus du portail, des baies romanes ont opportunément remplacé les grandes baies gothiques en triplet percées au 13ème siècle. A l'exception du déambulatoire qui a gardé son enduit, l'intérieur a été décapé. La nef est recouverte d'un lambris et éclairée par deux rangs de fenêtres romanes. Le chœur a conservé sa disposition romane et sa voûte semblable à celles des bras du transept.
On raconte que…
En face de l'église Saint-Quentin se trouvait un puits monumental, construit au 16ème siècle et démoli en 1821 en raison de sa vétusté. La margelle était décorée de six colonnes ioniques supportant un dôme couronné d'une statue. Il servait, notamment, de réserve d'eau à la garnison de la citadelle. Une galerie souterraine, partant de la citadelle et débouchant sur une porte en fer située quatre mètres au-dessus du niveau de l'eau, permettait aux soldats de se ravitailler sans être vus.