Le quartier Notre-Dame aux Neiges, délimité par la rue de Louvain, derrière le Parlement, les boulevards du Régent et Bischoffsheim et la rue Royale, a été entièrement transformé pendant la seconde moitié du 19ième siècle.
L'absence de législation appropriée en matière d'expropriation par zones et la priorité réservée au voûtement de la Senne en ont retardé l'assainissement jusqu'en 1874. Tant par les buts poursuivis que par les méthodes employées, l'opération présente plus d'une analogie avec celle qui a été menée dans le bas de la ville quelques années plus tôt. Elle se traduira d'ailleurs aussi, en dépit des engagements, par l'expulsion de la population en majorité ouvrière, établie dans le quartier.
Entrepris sur base des plans d'Antoine Mennessier, le tracé des rues répond aux normes de l'urbanisme classique. Le découpage défavorable des parcelles, motivé par la nature spéculative de l'opération, n'empêche pas la revente des terrains de connaître un réel succès. Un cirque, une galerie marchande, des bains publics et un théâtre sont même construits dans le quartier.
Mais, la crise économique commence à faire sentir ses effets dans le secteur immobilier au début des années 1880.
Le ralentissement des ventes obère dangereusement les finances de la société concessionnaire dont les dettes viennent à échéance. Les incitants utilisés pour les encourager ne suffisent pas davantage à redresser la situation que les mesures draconiennes qu'elle prend pour améliorer sa situation comptable. Les négociations entamées avec la Ville pour renégocier les conditions du contrat qui les lie n'aboutissant pas, la société est condamnée à déposer son bilan en 1885. La Ville, quant à elle, récupère une bonne partie de sa mise par le rachat de son patrimoine immobilier.